Je pense être quelqu'un de calme, arrangeant et relativement pacifiste.
Oui mais faut pas m'emmerder.

Alors quand ce soir en réponse à un joyeux "Coucou maman, comment ca va", on me répond séchement sur un ton de reproche "suis fatiguée", je vois rouge. Préparation du diner sans parler, j'obtempère à ce qu'elle me demande sans rien dire, mais si on me parle, là, c'est pas de quartier.
C'est pas que, mais j'en ai un peu ras les bouclettes que les humeurs des uns et des autres doivent rejaillir sur les pauvres personnes qui ont le malheur de devoir tourner en rond à la maison. "Et le repassage, tu comptes le finir quand"... là... là... "Merde. J'ai repassé 2h hier j'ai fais le plus gros, tes 3 draps, ils attendront demain" "grrrr, on peut rien te dire de toute manière". OUAIS C'EST CA OUAIS.

Ce qui m'énerve encore plus, c'est que je me mette dans cet état pas uniquement parce qu'elle est lunatique et fait chier son monde sous pretexte qu'elle a les ovaires de travers, mais aussi parce qu'il est loin et que je ne supporte pas la situation.
Quelque part malgré moi et par moments il m'agace, d'être là-bas, de profiter, de s'amuser avec son meilleur ami, et moi d'être ici, de tourner en rond, de ne pas trouver de boulot, d'attendre. L'attendre lui, attendre de ses nouvelles, attendre un rdv à l'ANPE, attendre toujours et toujours. Pourtant je suis heureuse pour lui, que son meilleur ami lui permette de profiter de ces quelques jours tous les deux, moi qui n'ai même pas vu ma meilleure amie depuis 5 mois, qui ne parviens même pas à planifier un week-end avec elle sauf contrainte médicale, elle qui ne fait même plus l'effort de m'appeler. Je suis heureuse qu'il puisse voir ce pays qui le fascine, qui est une partie de ses racines.
Ca m'agace de me rendre compte que je passe ma journée à regarder mon téléphone, mes mails. L'impression d'être une coquille vide et de n'arriver à rien s'il n'est pas présent dans ma vie. Je suis malade, à en pleurer, à fondre en larmes et à l'envoyer à moitié bouler sur msn parce que j'ai mal. Je ne pensais pas qu'il pourrait prendre autant de place en si peu de temps...
Et je m'énerve de plus belle, de pleurer pour rien, une semaine, ce n'est pas si dur. De me rendre compte que je suis seule s'il n'est pas là. De m'agacer qu'il passe du bon temps avec son meilleur ami alors qu'il faut être lucide, à l'heure actuelle, si je ne prends pas les devants, je pourrais moisir toute seule chez moi.

Alors oui, ce soir, faut juste pas me faire chier, et pas me sortir un seul mot de travers.
Heureusement, il y a ce fond d'écran, son visage, ses yeux qui pétillent, et son sourire... Non parce que c'est que je l'aime plus que tout cet adorable ingrat qui m'abandonne pour aller visiter le Japon... (et pis bon, c'est pas comme si on allait passer un week-end à Lyon à son retour, et que je monte 1 semaine à Paris ensuite, et qu'il vient encore 4 jours en Haute-Savoie après) (quoi, je râle si je veux).

Mais merde quand même.