"Elle panique" qu’elle dit … Or là c’est moi qui panique quelque peu…

Bien bien bien. Je vais avoir 24 ans, et j’avoue que depuis quelques temps je pense pas mal au fait que d’ici quelques années je pourrais devenir maman en plus d’être la femme de quelqu’un.

Oui sauf que.


Sauf que je regarde les enfants d’aujourd’hui et j’ai peur.
Je ne sais pas si c’est moi, si ce n’est qu’une impression, mais on dirait qu’à l’heure actuelle l’enfant est au centre de la famille, qu’il est le cœur de notre société, que tout lui est dû, qu’on peut tout lui passer. Je suis choquée de voir certains parents suivre les desideratas de leurs enfants à la lettre, et que leur avis soit pris en compte pour des choses qui ne les concernent pas (exemple : ma filleule qui boude parce qu’elle n’aime pas la couleur du nouveau meuble de salle-de-bains de l’appartement familial). Enfin mince, quand j’étais petite (soit il n’y a pas si longtemps que ça), on nous disait non, ce n’était pas à l’enfant de décider !!! Ce n’est pas pour autant que je n’ai pas eu l’impression d’être entendue ou écoutée, je n’en ai pour autant pas été traumatisée, tout comme je ne l’ai pas été d’avoir reçu des fessées puis quelques baffes de ma mère.
Ca me panique les enfants qui n’ont plus de respect, qui vous foncent dessus dans les couloirs du métro, qui vous bousculent sans s’excuser, qui rentrent dans une boulangerie sans dire bonjour, sans dire merci. Punaise je ne suis pas si vieille que ça, et pourtant je me faisais rouspéter quand je n’étais pas polie ! Je panique devant les gamins qui font des pieds et des mains pour avoir un habit ou des baskets de telle marque alors qu’ils devront en changer dans 6 mois car ils grandissent trop vite… est-ce que l’argent d’un couple doit passer dans les caprices d’un enfant de 9 ans ? Je panique devant ma filleule qui a réclamé à 6 ans un lecteur mp3 et qui l’a eu, qui a eu un portable à 7 ans, et qui commence à demander une boom pour ses 8 ans cette année… l’année prochaine ce sera quoi ? string, mini-jupe, sac chanel, maquillage, piercing, tatouage ??? Peut-être les traiterait-on trop comme des « mini-adultes » alors qu’ils ne sont que des adultes en devenir…
Donc quand je vois ce qu’est la génération des enfants de 6 à 12 ans, franchement j’ai peur, car je ne sais pas comment je réagirais… déjà que je me fais traiter de Mère Supérieure Bis quand je parle d’éducation, parce que je n’ai pas envie que mes enfants croient qu’une boisson normale est à bulles ou colorée (Water power), parce que les « s’il te plait » et « merci » seront impératifs, parce que selon moi ils pourront bien attendre d’avoir au moins 10 ans avant d’avoir une console de jeu (j’ai passé mon enfance dans les bouquins, je suis pas devenue un rat de bibliothèque ou une allergique à la technologie pour autant), parce que j’ai envie de donner à mes enfants une vie, un modèle de vie le plus sain possible (selon mes critères bien entendu… et un Mac Do de temps en temps, c’est trop boooooooooon) qu’ils seront en droit de foutre en l’air plus tard. Si plus personnes ne donnent les bases quelques peu autoritaires que nous avons –peut-être- tous reçus, comment les standards que nous avons toujours connus pourront-ils subsister ?

Et puis…
Je ne sais pas si c’est une erreur de le penser ou si j’arriverais à le mettre en application moi-même, mais pour moi, l’enfant est en quelque sorte la sublimation de l’amour de deux personnes, la concrétisation des sentiments, l’envie de donner la vie et de l’aimer, de propager l’amour que l’on a pour son conjoint. Et dans le couple, je pense que l’enfant ne devrait pas devenir l’unique point d’attention. Ce sur quoi il faudrait rester focalisé, à mon sens, reste quand même le couple, l’amour ; et l’enfant est aussi là pour perpétuer ce qui a été mis en place avant son arrivée.
Alors maintenant j’en viens à me demander si le but ultime du couple est de faire un enfant. Je ne sais pas s’il faut voir l’enfant comme consécration suprême… Que l’amour survive  aux épreuves de la vie, à la naissance des enfants, à leur éducation d’un commun accord, à la maladie l’est déjà un peu plus.
Je ne sais pas vous, peut-être que je parle de la sorte parce que je n’ai pas encore d’enfants, mais je ne vois le fait d’être parents que comme une étape –pour le moins importante, avec la crise de la 40aine chez les messieurs :p- du couple.

Certains diront que j’ai le temps de penser à ce genre de choses, mais allez savoir pourquoi, depuis quelques mois, il est des interrogations comme celle-ci chez moi que je ne peux à peine expliquer… Peut-être aurais-je un semblant de réponse lorsque je serais au pied du mur, lorsque mon corps sera dans le même état qu’un ballon qu’on a dégonflé, que je m’encoublerais sur les jouets et trébucherais sur les restes de petit-pots et que sur les photos nous serons 3… ou plus.